CREATE Juin 2021 – Réflexion

Our French intern, Valentine, has again translated this month’s blog for us into French.  It is a research reflection by Shuks Esmene, our postdoctoral research fellow. To read the original English language version, click here.

A l’occasion des ateliers CREATE, les partenaires du projet HAIRE se sont rassemblés pour discuter de leurs premières idées d’innovations destinées à améliorer le bien-être des séniors dans les sites pilotes. Les outils de recherche utilisés dans le cadre du projet représentent un aspect essentiel de l’apprentissage HAIRE. En particulier, les expériences et les idées de tous les partenaires, y compris des bénévoles et des participants, sont aussi importantes que ces outils le sont pour identifier des actions axées sur la personne et adaptées au milieu qui soient pertinentes à échelle locale.

Notre atelier de poésie a montré que les partenaires de prestation et les équipes de recherche du projet HAIRE sont parvenus à élaborer un environnement favorable à la discussion – même en ces temps troublés ! Les souvenirs de ces personnes âgées avec qui nous avons des liens privilégiés, par exemple des parents, des grands-parents, d’autres membres de la famille et des amis, ont inspiré une séance riche en émotions. Un de nos partenaires a fait remarquer :

« Ce ne sont pas des larmes de tristesse ! »

La remarque ci-dessus concernait un grand-parent défunt et résume la façon dont nos liens avec les personnes qui comptent pour nous s’étendent au-delà de leur présence physique auprès de nous. Bien qu’elles ne fussent qu’une parenthèse parmi les autres activités du projet, les réflexions que nous tirons de telles expériences peuvent aider HAIRE à amorcer des conversations relatives à l’intégration des soins dans nos communautés. Des soins plus approfondis. Des soins qui surpassent les besoins fonctionnels des individus. Ces besoins sont extrêmement importants, bien sûr. Cependant, le bien-être ne se limite pas à la somme des besoins fonctionnels d’un individu.

Les Conversations Guidées du projet HAIRE ont révélé que les activités et les passions qui importent aux participants (marcher, tricoter, lire et se rendre à des marchés locaux, entre autres) leur ont apporté de la joie et, malheureusement, de la tristesse lorsqu’ils n’ont pu s’y adonner pendant la pandémie. Ces conclusions ne sont en aucune façon propres au projet HAIRE, mais elles lui offrent plusieurs possibilités. Le réseau HAIRE, constitué de personnes soudées et attentionnées, va nous permettre de réfléchir différemment à notre façon de procéder face à ces conclusions. Certes, il est important de faire une liste des activités et des passions présentes dans une région, et de s’assurer que ces activités sont proposées à ses habitants, mais il faudrait aussi offrir l’opportunité aux séniors de développer de nouveaux centres d’intérêts et de nouvelles passions – ce serait une façon d’ajouter de la capacité à un lieu donné. La variété des activités et les activités extracurriculaires sont considérées comme une partie fondamentale du développement de l’enfant (1).

Je pense souvent à cette façon que nous avons d’essayer de trouver et de doser un assortiment d’activités spécifiques dont la population adulte puisse bénéficier – plutôt que de nous appliquer à mieux comprendre les modalités du bien-être de chaque individu. Comme nous l’avons dit durant nos discussions sur l’innovation au deuxième jour des ateliers CREATE, cela peut faire la différence d’« être prêt à commencer modestement » afin de produire des innovations qui restent ouvertes aux contributions des habitants – particulièrement si les opinions et points de vue reçoivent une réponse et ne sont pas perdus au fil des démarches administratives. A ce titre, les solutions numériques contribuent largement à améliorer la sensibilisation, mais c’était aussi encourageant de voir des idées se développer lors des ateliers autour des activités en face à face et de la notion d’« aller vers les gens ».

Dans leurs réponses aux Conversations Guidées, les participants ont communiqué l’importance qu’ils attachent aux interactions en face à face et aux évènements de rassemblement convivial. De plus, même si nous l’avons appris par le biais d’anecdotes, nous ne pouvons oublier que les commerçants et les docteurs étaient bien plus profondément intégrés dans les quartiers ruraux par le passé. Les services avaient plus souvent lieu en face à face, et ces expériences doivent être prises en compte lorsque l’on réunit des personnes âgées.

Par ailleurs, des préoccupations primordiales vis-à-vis du profil des participants recrutés jusqu’ici ont été soulevées lors des ateliers CREATE. On considère souvent qu’une méthode de communication qui attire et inclus les groupes vulnérables et marginalisés représente un défi (2). Les communautés inclusives doivent s’assurer que tout le monde sent qu’il ou elle fait partie du lieu dans lequel il ou elle vit, et que l’opportunité d’exprimer ses opinions leur soit donnée de façon à ce que tout le monde puisse contribuer à façonner l’avenir du lieu en question. Parvenir à une compréhension plus inclusive du bien-être représentera un défi important pour le projet HAIRE, et la démarche consistant à « être prêt à commencer modestement » pourra nous être bénéfique dans cette mesure également. La recherche a parfois tendance à se focaliser sur des chiffres et des objectifs à accomplir, tous les deux générés par des groupes larges et soi-disant représentatifs. Toutefois, si nous nous posons des questions essentielles sur les points de vue variés que nous avons recueillis pendant les Conversations Guidées, nous pouvons commencer modestement. Des questions telles que : comment se fait-il que quelqu’un qui s’est occupé des autres, et qui a travaillé dur dans un secteur qui n’est pas généreux économiquement, peut se retrouver dans une position financière précaire plus tard dans sa vie ?, et, que pouvons-nous faire pour impliquer quelqu’un à échelle locale quand cette personne n’a pas pu développer et/ou approfondir des centres d’intérêt à cause d’une enfance ou d’un début de vie d’adulte mouvementés ?

Enfin, la question qui selon moi ressort le plus de nos séances CREATE est :

« Pourquoi sommes-nous, en tant que société, si mauvais à cela ? »

La réponse se trouve peut-être dans une nouvelle conception des soins, une conception selon laquelle les soins seraient reçus et donnés par des individus dans leurs communautés, et ne seraient pas simplement un service dédié à répondre aux besoins fonctionnels des personnes âgées. Fait encourageant, nous avons parfois accompli cela au sein de projet HAIRE – que ce soit entre les chercheurs et les équipes de prestation, entre les équipes de prestation et les bénévoles, et/ou entre les bénévoles et les participants. Notre prochain défi sera de trouver des façons d’impliquer les donneurs de soins dans le projet, sur tous les sites pilotes, plus étroitement encore. J’ai hâte d’affronter ce défi.

Footnotes

1. Metsäpelto, R., & Pulkkinen, L. (2012). Socioemotional Behavior and School Achievement in Relation to Extracurricular Activity Participation in Middle Childhood. Scandinavian Journal Of Educational Research, 56(2), 167-182. doi: 10.1080/00313831.2011.581681

2. Meyer, C., Evans, D., Soucat, A., Dkhimi, F., Akweongo, P., & Kessy, F. et al. (2018). Leaving no one behind? Reaching the informal sector, poor people and marginalised groups with Social Health Protection. Journal Of Poverty And Social Justice. doi: 10.1332/175982718x1536143686739

CREATE Research Reflection: Caring

This month’s blog post is a research reflection penned by Shuks Esmene, our doctoral research fellow.

HAIRE’s CREATE workshops (held June 2021) brought together the partnership to discuss our initial ideas for innovations to improve the wellbeing of local older adults in our pilot sites. The research tools being used in HAIRE are a key part of the
project’s learning. Notably, the experiences and ideas of all project partners,
including volunteers and participants, are as important as these tools in
identifying person-centred and place-based actions that are locally relevant.

Our poetry workshop demonstrated that HAIRE’s delivery partners and
research teams have been able to build a comfortable environment for
discussion – even in these challenging times! Memories of older adults that we
hold special connections to, including parents, grandparents, other family
members and friends, filled the session with emotion. One of our partners
simply remarked, “These are not sad tears!”

Some of the poetry about ageing shared at our CREATE session

The remark above related to a late grandparent and sums up how connections to
people that we value go beyond being in their physical presence. Although a
small moment in HAIRE’s activities, reflections from such experiences can help
HAIRE start conversations around embedding care into communities. A deeper
care. Care that surpasses the functional needs of people. These needs are, of
course, extremely important. However, wellbeing is much more than the sum of
someone’s functional needs.

HAIRE’s Guided Conversations showed how valued activities and passions (walking, knitting, reading and going to local markets, to name a few) provided participants with joy and, unfortunately, sadness due to missing these activities and passions during the pandemic. These findings are in no way unique to HAIRE, but they do present the project with opportunities. The close-knit, caring network of people that HAIRE has engaged can help us to think differently about how we can act on these findings. A record of valued activities and passions in an area, and trying to ensure these activities are offered to locals is important, but opportunities to develop new interests and passions can be seen as a way of adding capacity to a place. Variety and extracurricular activities are regarded as a fundamental part of development in children (1).

I often reflect on why we try to find and measure a set of specific activities that show
benefit when adults are considered – rather than addressing how we can best
understand wellbeing priorities at an individual level. As stated during our
discussions about innovation on the second day of our CREATE workshops,
“…being willing to start small” to achieve innovations that stay open to input
from locals can make a difference – particularly if voices and perspectives are
responded to and not lost in bureaucratic processes. As such, digital solutions
are important in improving outreach, but it was encouraging to see ideas
develop around face-to-face activities and “going to people”.

A French Guided Conversation in action

Face-to-face interactions and events that bring people together were certainly
valued in responses to HAIRE’s Guided Conversations. Additionally, even if
revealed through anecdotes, we cannot overlook how local shop owners and
doctors used to be more deeply embedded in rural neighbourhoods. Services
were more face-to-face and such experiences need to be considered when
bringing older adults together.

Importantly, concerns around the participant profiles engaged by HAIRE so far
were raised at CREATE. Outreach that engages and is inclusive of vulnerable and marginalised groups is often referred to as challenging (2). Inclusive
communities ensure that everyone can feel part of where they live and, through
being able to voice and discuss their opinions, individuals can contribute to
shaping the future of a place. How we achieve more inclusive understandings of
wellbeing will be an important challenge for HAIRE and “…being willing to
start small” can benefit the project here too. Research can tend to focus on
numbers and achieving outcomes that are generated by large, so-called
representative groups. However, if we ask critical questions of the differing
perspectives that we have been able to gather through HAIRE’s Guided
Conversation, we can start small. Questions such as: why can someone that has
cared for others and worked hard in a sector that is not economically
generous end up in a financially precarious position in later life?, and, what
can we do to involve someone locally that has not been able to develop and/or
pursue interests due to a turbulent childhood and early adult life?

Finally, the question that stands out for me the most from our CREATE sessions
was: “Why, as a society, are we so rubbish at this?” The answer may lie in re-thinking care, where care is received and given by individuals in communities and not simply a service that aims to meet the functional needs of older adults. Encouragingly, we have examples in HAIRE where this has been achieved – whether it be between the researchers and delivery teams, between the delivery teams and the volunteers and/or between the volunteers and participants. Our next challenge is to find ways to engage the caring people on the project, across all sites, more closely. I look forward to
working on that challenge.

Footnotes

1. Metsäpelto, R., & Pulkkinen, L. (2012). Socioemotional Behavior and School Achievement in Relation to Extracurricular Activity Participation in Middle Childhood. Scandinavian Journal
 Of Educational Research, 56(2), 167-182. doi: 10.1080/00313831.2011.581681

2. Meyer, C., Evans, D., Soucat, A., Dkhimi, F., Akweongo, P., & Kessy, F. et al. (2018). Leaving no one behind? Reaching the informal sector, poor people and marginalised groups with
 Social Health Protection. Journal Of Poverty And Social Justice. doi: 10.1332/175982718x1536143686739

Shukru Esmene, s.esmene@exeter.ac.uk, University of Exeter

CREATE: New Models of Service Delivery for Older People

(This blog is written in English and French – please scroll to the end for the French language version.)

It’s been a cold and reluctant spring for us all in the HAIRE community: the UK saw the lowest April temperature since 1922. The sun is shining today, however, and we are feeling more hopeful as we get ready for summer and the opening up of our communities. By the end of April, HAIRE partners had compiled the initial Community Report drafts for our pilot areas, which combines information gleaned from Guided Conversations, Action Plans and Neighbourhood Analysis. Our partners are now preparing for our next major challenge: co-creating innovative service delivery in the pilot sites and beyond that respond to the challenges identified in their areas. Some challenges are unique to the pilot sites and some stem from issues that are commonplace in rural Europe.

For the past several weeks, the University of Exeter has been hosting drop-in Teams sessions for all partners to discuss progress and to share participatory methods for innovation and idea generation. We’ve looked at such techniques as mind-mapping and Q-sorting. We’ve discussed key practical considerations, such as tailoring sessions to different audiences and sizes and making sure all the exercises are inclusive. Our colleague Femke Verthé at iDROPS – a Belgian organisation skilled in social innovation development – led sessions on Human Centred Design Thinking, a participatory tool for inspiration, ideation, focusing and prototyping.

Throughout May, partners have been gathering ideas and meeting with their volunteers, stakeholders and communities in unique ways. For example, in East Sussex, the HAIRE enablers have been going on walks with their community, and this act of getting volunteers to talk to the community members really engages them in the idea generation process and makes for powerful, insightful input.

Drawing on their experience of piloting actions locally, the partners, older people, local partners, volunteers and agencies will come together in June in a joint CREATE workshop (Crossborder European Activity Testing Exercise) to share their experiences and support and mentor each other. Partners will organise themselves into Action Learning Sets, cross-border groups that want to work on shared innovations together. Action Learning is one of the methods effective programmes use to help participants apply learning in a support group. This approach encourages partners to make meaning from direct experience and supports genuine cross-border idea exchange.

We are also taking the time during the June CREATE workshops to “get to know each other” more personally. All the Covid restrictions have meant we haven’t been able to travel or meet with our counterparts in different countries. The socialising will have to wait a little longer, but we’ve integrated a creative writing workshop into the sessions, in which we’ll look at poems about ageing in all our languages, listen to each other speak in our native tongues, and write and share our own personal and cultural experiences of ageing. The atmosphere of mutual support, shared experience and cultural learning will provide another layer of depth and understanding in our cross-border exchange as we drive towards positive change for our older people.

Here’s one of our chosen poems.

Long Life, by Elaine Feinstein

Late Summer. Sunshine. The eucalyptus tree.
It is a fortune beyond any deserving
to be still here, with no more than everyday worries,
placidly arranging lines of poetry.

I consider a stick of cinammon
bound in raffia, finches
in the grass, and a stubby bush
which this year mothered a lemon.

These days I speak less of death
than the mysteries of survival. I am
no longer lonely, not yet frail, and
after surgery, recognise each breath

as a miracle. My generation may not be
nimble but, forgive us,
we’d like to hold on, stubbornly
content – even while ageing.

French Translation follows:

Ce fut un printemps frileux pour la communauté HAIRE, le Royaume-Uni ayant connu ses températures les plus basses depuis 1922 pour un mois d’avril. Aujourd’hui cependant, le soleil brille, et l’optimisme est lui aussi au rendez-vous alors que nous nous préparons en vue de l’été et de la réouverture de nos communautés. D’ici la fin du mois d’avril, les partenaires du projet HAIRE auront compilé les versions préliminaires des premiers rapports communautaires de nos sites pilotes, qui cumulent les informations récoltées lors des Conversations Guidées, des Plans d’Actions et des Analyses de Voisinage. Nos partenaires se préparent désormais à affronter notre prochain grand défi : non seulement cocréer une prestation des services innovante au sein de chaque site pilote, mais aussi résoudre les problèmes qu’ils ont distingués dans leur région respective. Certains problèmes sont propres à leur site pilote tandis que d’autres découlent de problèmes répandus en Europe rurale.

Ces dernières semaines, l’Université d’Exeter a animé des séances de discussion ouvertes sur Microsoft Teams, afin que tous les partenaires puissent discuter de l’avancée du projet et partager des méthodes participatives d’innovation et de conception de nouvelles idées. Nous avons testé des techniques comme la carte heuristique ou le Q-sort. Nous avons débattu de sujets clefs d’ordre pratique, par exemple comment adapter les séances à des publics différents et des groupes de tailles différentes, et comment s’assurer que tous les exercices sont inclusifs. Notre collègue Femke Verthé, de la société belge iDROPS – spécialisée dans le développement de l’innovation sociale –, a animé des séances sur le Design Centré sur l’Humain, un outil participatif d’inspiration, d’idéation, de concentration et de prototypage.

Au cours du mois de mai, nos partenaires ont recueilli les idées des uns et des autres et ont rencontré bénévoles, intervenants et communautés par le biais de méthodes uniques. Par exemple, dans le Sussex de l’Est, les Aidants HAIRE font régulièrement des promenades avec les membres de leur communauté. Cette démarche d’échange entre les bénévoles et la communauté les implique réellement dans le processus de conception de nouvelles idées, apportant au projet une contribution percutante et instructive.

Mettant à profit leur expérience pour mener des actions à l’échelle locale, les partenaires, les personnes âgées, les partenaires locaux, les bénévoles et les organismes se réuniront en juin lors d’un atelier CREATE (« Crossborder European Activity Testing Exercise ») commun, afin de partager leurs expériences ainsi que se soutenir et se guider mutuellement. Les partenaires se répartiront dans des « Sets de formation-action », des groupes transnationaux désirant travailler ensemble sur des innovations communes. La formation-action est l’une des méthodes que les programmes efficaces utilisent pour aider les participants à appliquer les notions apprises dans un groupe de soutien. Cette approche encourage les partenaires à trouver du sens dans leurs expériences directes et promeut un véritable échange d’idées à travers les frontières.

Pendant les ateliers CREATE de juin, nous prenons également le temps « d’apprendre à se connaître » de façon plus personnelle. Toutes les restrictions relatives au COVID19 nous ont empêchés de voyager ou de rencontrer nos homologues d’autres pays. Le retour de la vie sociale devra attendre encore un peu, mais nous avons mis en place un atelier de création littéraire parmi les différentes sessions. Cet atelier nous donnera l’occasion de découvrir des poèmes sur le vieillissement dans toutes nos langues, d’écouter les uns et les autres parler dans leur langue maternelle, et d’écrire et de partager notre propre expérience personnelle et culturelle du vieillissement. Cette atmosphère de soutien mutuel, de partage d’expérience et d’apprentissage culturel apportera une nouvelle dimension de profondeur et de compréhension à notre échange transnational, alors que nous avançons vers un changement positif pour nos personnes âgées.

Voici l’un des poèmes que nous avons choisis:

Longue vie, par Elaine Feinstein

 

Fin d’été. Soleil. L’eucalyptus.

C’est une chance que nul ne mérite

d’être encore ici, avec des soucis de tous les jours et rien de plus,

à placidement accorder des vers de poésie.

 

J’examine un bâton de cannelle

enroulé de raphia, des pinsons

sur l’herbe, et le buisson râblé

qui cette année a donné naissance à un citron.

 

Ces temps-ci je parle moins de la mort

que des mystères de la survie. Je ne suis

plus seul, pas encore chétif, et

depuis l’opération, je réalise que chaque souffle

 

Est un miracle. Ma génération n’est peut-être pas

preste mais, pardonnez-nous,

nous voulons tenir bon, obstinément

satisfaits – même en vieillissant.

 

Un an plus tard : Qu’avons-nous accompli ?

The HAIRE team at Exeter is pleased to have an MA Translation Studies intern, Valentine Naude, on board for a few months. This is the first of our dual language blogs. Welcome, Valentine!

Il y a un an de cela, le 10 février 2020, une toute nouvelle équipe s’est réunie autour d’un repas dans un petit bistrot de Lille pour célébrer le lancement du projet HAIRE, « bien vieillir grâce à l’innovation en Europe rurale » [en anglais « Healthy Aging through Innovation in Rural Europe »]. Voilà qui semble presque décadent, désormais : personne n’aurait pu prédire l’année qui suivrait et les difficultés que nous rencontrerions tous dans les affres d’une pandémie mondiale.

Le Covid-19 a beaucoup affecté notre groupe cible, exacerbant les problèmes que le projet HAIRE était précisément destiné à résoudre. Non seulement l’accès aux soins (santé et bien-être) est devenu plus difficile, mais notre groupe cible, déjà vulnérable, a encore plus souffert de la solitude et de l’isolation dans bien des cas. Les entretiens en face à face (les « Conversations Guidées » du projet HAIRE) n’ont pas pu se dérouler comme prévu. Alors que toute l’Europe s’est confinée, il a fallu trouver en toute urgence des solutions alternatives pour communiquer avec les personnes âgées.

Le premier défi a été de mettre en place une plateforme d’interprétation simultanée à distance, afin de faciliter la communication virtuelle avec nos partenaires européens. Grâce à nos efforts communs, nous avons pu adapter les Conversations Guidées – l’outil qui nous permet d’identifier les besoins et les désirs des personnes âgées – pour qu’elles soient menées en ligne ou par téléphone, selon les préférences du participant et du bénévole. Elles ont aussi et surtout évolué en fonction de la situation propre à chaque localité. Adaptée au milieu et axée sur la personne, l’approche adoptée par le projet HAIRE a été (et continue d’être) modulée avec soin à chaque étape d’adaptation de la « boîte à outils », depuis la planification du contenu jusqu’à son exécution. Une des caractéristiques de la boîte à outils consiste à utiliser une image propre à la localité du participant, de façon à l’aider à formuler ses besoins et ses désirs vis-à-vis d’espaces autant intérieurs qu’extérieurs. Tous les partenaires du projet ont contribué à ce travail de cocréation et ont été amenés à mieux connaître les localités de chacun.

Rien ne témoigne plus de leur engagement que l’implication indéfectible dont ils ont tous fait preuve au cours de l’année 2020 en dépit des restrictions relatives au Covid-19 dans leurs pays respectifs. A l’occasion d’un « Festival Bien Vieillir » [en anglais « Ageing Well Festival »], le conseil général du Sussex de l’Est et Rother Voluntary Action [organisme bénévole de la même région] ont animé de multiples dialogues communautaires en ligne pour le projet HAIRE, auxquels d’autres partenaires ont également assisté.

Tous nos partenaires n’ont cessé de donner d’eux-mêmes, et ce malgré la nécessité d’adapter leur approche aux autres actions entreprises par le projet HAIRE et aux collectes de données, par exemple « l’Analyse du Quartier » et les rapports des collectivités. (Ces composants de la boîte à outils permettent de mesurer et d’identifier le réseau social et les connexions de chaque individu, ainsi que de déterminer les opportunités – par exemple les activités ou les services – auxquelles les participants ont accès dans chaque communauté.) Là encore, les partenaires se sont entraidés pour trouver des solutions alternatives et résoudre mutuellement les problèmes intervenus dans la collecte des données.

Lors de notre dernière réunion entre partenaires, nous avons demandé à chacun de décrire le travail réalisé par le projet HAIRE en un mot, par le biais de l’application web Slido. La bulle de mots a peu à peu pris forme et trois mots se sont démarqués : Autonomiser [en anglais « empowering »] Communauté Ensemble. A la lumière de cela, on ne s’étonnera pas de voir que nous avons dépassé notre objectif de recrutement d’Aidants en dépit des confinements et d’un contact présentiel limité avec les personnes âgées. Les Aidants sont les bénévoles et les professionnels de la santé qui ont été formés pour utiliser la boite à outils du projet HAIRE et diriger des entretiens avec les personnes âgées. Au départ, notre objectif de recrutement était de 80 Aidants ; nous en avons maintenant 147, dont 115 qui ont reçu leur formation. Bien que nous ayons été retardés, nous sommes en voie d’atteindre un total de 600 participants aux Conversations Guidées : nous avons recruté 282 participants parmi lesquels 126 ont déjà commencé leurs conversations.

Dans sa conception, le projet HAIRE prend en compte ses futurs utilisateurs ainsi que le souci de la durabilité. Nos partenaires sont déjà en train de présenter le projet à de potentiels futurs utilisateurs de la boite à outils. Au Royaume-Uni, Devon Mind [association caritative axée sur la santé mentale] a présenté le projet HAIRE et son équipe à CoLab Exeter, un centre de cotravail intersectoriel et pluri-institutions sous le toit duquel environ 35 différents projets et services travaillent ensemble. Des échanges ont également eu lieu entre le conseil général du Sussex, Rother Voluntary Action et le conseil d’arrondissement de Hastings. D’un bout à l’autre de la région des 2Mers, nos partenaires sont en conversation avec les services sociaux des autorités locales ; en Belgique, des échanges ont eu lieu avec la Province d’Anvers et LiCalab (« Living and Care Lab »). En France, l’Université d’Artois a mis en place un partenariat – baptisé le « Cluster Senior » – entre plus de 30 organismes de la région; nos partenaires français se sont aussi associés au projet Interreg TICC, dirigé par Buurtzorg. Dans tous les pays, les sites pilotes maintiennent un contact régulier avec leur partenaire observateur. Au total, plus de 350 groupes locaux, groupes de bénévoles et une grande variété d’organismes ont contribué au partenariat HAIRE.

La transférabilité du projet HAIRE n’est pas seulement géographique, mais franchit aussi les frontières de multiples secteurs jusqu’à toucher des cibles inattendues. En effet, nous estimons que notre approche axée sur la personne pourrait être appliquée de manière plus large, par exemple pour résoudre le problème des sans-abris ou de l’addiction à la drogue. Pour de nombreuses communautés, il se pourrait que l’année 2021 et les suivantes représentent un chemin parsemé d’embuches. Nous ne doutons pas que le projet HAIRE relèvera le défi, et, loin de se contenter de cela, qu’il remettra à ces communautés les solutions et les outils qui leur permettront de s’épanouir au-delà de la pandémie.

One Year On: What Have We Achieved?

A year ago on 10th February, 2020, the fledgling HAIRE team sat down to eat together in a little bistro in Lille to celebrate the launch of the project, Healthy Ageing through Innovation in Rural Europe. It almost seems decadent in retrospect. No-one could have predicted the year that was to follow and the difficulties the world would face in the throes of a global pandemic.

Covid-19 struck at the heart of our target group, exacerbating the very problems HAIRE had been designed to address. Not only was access to health and wellbeing services made more difficult, our already vulnerable target suffered increased loneliness and isolation in many cases. Face to face interviews (HAIRE’s Guided Conversations) could not go ahead as originally planned. As Europe-wide lockdowns took hold, alternative methods to talk to older people had to be found, and fast.

Our first challenge was to secure a remote simultaneous interpretation platform so that we could easily talk to all of our European partners online. Thanks to everyone working together to find solutions, the Guided Conversations – the technique used to establish older people’s needs and desires – were adapted to take place virtually or by telephone according to participant and volunteer comfort. Crucially, they evolved with the unique situation in every locality. HAIRE’s place-based, person-centred approach was (and continues to be) carefully managed at every step of the toolkit adaptation, from content planning to execution. One of the features of the toolkit is the use of a site-specific image to help participants articulate their needs and desires in relation to both interior and exterior spaces. This co-design work involved all partners and brought about a deeper understanding of each others’ localities.

It is a testament to their commitment that throughout 2020 each partner continued to be fully engaged in the project despite Covid-19 obligations in their country. East Sussex County Council and Rother Voluntary Action hosted several online HAIRE-branded community talks for an Ageing Well festival, which other partners attended as well.

The level of every partner’s commitment has not waned even though each partner has had to flex their approach to other HAIRE activities and information gathering, such as the Neighbourhood Analysis and community reports. (These elements of the toolkit establish the extent and nature of individual social networks and connections, and what opportunities, such as activities and services, are available to participants in each community.) There too, partners have helped each other find workarounds and helped problem solve for each other in order to gather the data.

In our most recent partnership meeting, we used Sli.Do to ask partners for one word that describes the work of HAIRE. As the word bubble took shape, three words stood out: Empowering Community Together. So it is perhaps not surprising that, despite Covid-19 lockdowns and limited face to face contact with older people, we have overachieved on Enabler recruitment. Enablers are the volunteers and health professionals who are trained to use the HAIRE toolkit and conduct interviews with older people. We had an original recruitment target of 80 Enablers – and we now have 147, with 115 of them trained so far. And despite delays, we are on track to achieve 600 participants for the Guided Conversations: we have 282 recruited participants, with 126 having already started their conversations.

HAIRE is being designed with future users and sustainability in mind. Partners are already presenting the project to potential future users of the toolkit. In the UK, Devon Mind has introduced HAIRE and the team to CoLab Exeter, a cross-sector, multi-agency co-working hub that is home to some 35 different projects and services that work collaboratively. Other conversations have taken place between Sussex County Council, Rother Voluntary Action and Hastings Borough Council.

Across the 2Seas region, our partners have been talking to local governments’ social services departments; in Belgium, conversations have taken place with the Province of Antwerp and LiCalab (Living and Care Lab). In France, the University of Artois has developed a partnership with 30+ organisations in their area, called ‘Cluster Senior’; our French partners have also connected with the Interreg Project TICC, led by Buurtzorg. Pilot sites in all countries have been in regular contact with their Observer Partners. In total, the HAIRE partnership has engaged over 350 local groups, voluntary groups and a variety of organisations.

The transferability of HAIRE is not just geographic but also crosses sector boundaries to unexpected targets: we are seeing opportunities for its person-centred approach to be applied widely, e.g. tackling homelessness and drug addiction. 2021 and beyond may be a tough road for many communities. We are confident that HAIRE will not only rise to the challenge, but will also offer solutions and tools for communities to thrive beyond this pandemic.

 

What’s in a Place?

This month we are showcasing our place illustrations, which will be used during Guided Conversations in individual pilot sites during the research…

Depiction of the Parish of Feock, Cornwall, UK

Parish of Feock, Cornwall (UK)

A cow peers over a wooden picket fence close to a Celtic cross, one of the waymarkers in Cornwall that still stands on ancient rights of way. A ship drifts in the sky, which is punctuated with trees and cliffs, farm buildings and a Spar shop. A lone dog walker stands on the quayside, looking out across the water towards the village hall. A village signpost nudges a fairylike stone tower that sits on the edge of a National Trust garden. The Docks, an icon of Falmouth’s modern shipping industry, melds past and present, overlooking the third deepest natural harbour in the world…or is it? Maybe, to you, it’s the ferry chugging across the river; perhaps the fairytale tower brings to mind your local church and community, or the dog walker is actually not on a quayside at all, but in your local park (and just out of sight is the dog walking group you have been longing to join).

The images have all been created to bring to mind local elements in each of our project pilot sites. This image was designed for participants living in the Parish of Feock in Cornwall, which spans several villages. Some depictions, such as specific landmarks, are unmistakable; others are more malleable – in fact, the story changes depending on who is doing the viewing. That’s exactly what we want. These images are able to elicit unique responses that are beyond top of mind thoughts and feelings as participants are asked what it’s like to live in their community. They may trigger ideas and experiences that give a deeper insight into what life is like in the community in which they live – and what might be changed or added to make it better for them as they age.

Image depicting Le Nord

Le Nord (France)

As one resident puts it: “The days of “grey” skies has arrived in the Hauts-de-France region. It may be a bit “challenging” sometimes but it is part of the cycle of nature. And, it’s a beautiful region, especially in the spring…” In this image are the ubiquitous Tabac and La Poste, familiar signage to all inhabitants, with some hints to urban life, such as the Merville town hall and the station at Hazebrouck. The more rural traditions are also visible: the dresses of Flanders, for example, which are well known, and the sight of a Bailleul windmill in the distance, a feature of countryside walks.

Depiction of East Sussex, UK

East Sussex (UK)

Historic landmarks that will be familiar to residents are here: a walker crosses the moat to visit Bodiam Castle; a street sign for Playden, a village first recorded in the 1086 Domesday Book, is at the centre; transport links are evident: the bus and the train station, with links into London, suggest its position out of the city. There is evidence of the water: a playground near Camber Sands, a famous stretch of beach, is alluded to – perhaps an opportunity here to recall trips with children and grandchildren. The oast houses are a familiar sight on the horizon.

Depiction of Laakdal, Belgium

Laakdal (Belgium)

There are four small parishes conjured up in this image: Eindhout, Veerle, Groot-Vorst and Klein Vorst in the municipality of Laakdal, Flanders. Laakdal was named after the valley (dal) of the river Laak. Key landmarks include the old town hall, in the upper left, in Eindhout; the water tower (bottom right) in Veerle; dotted about the image are figurines from the garden of a building housing adults with disabilities. A man leans against a tractor, similar to those found in Groot-Vorst.

Depiction of Goes, Zeeland, in the Netherlands

Goes, Zeeland (The Netherlands)

Goes is a city within the rural municipality, criss-crossed with waterways; you can see a typical boat, train and of course, someone riding their bicycle – in this case, commuting. There is distinctive street art on the sides of buildings, evidence of the new merging with the historic architecture. Many of the graffiti murals include geese as a symbol of the area (Goes is pronounced almost like goose or “ghoosh”, with a distinctively soft ‘g’.) Two towers are included as points of reference; the water tower south of Goes, and the TV tower in the North.

Depiction of Poperinge, Belgium

Poperinge (Belgium)

Last, but not least, residents will recognise the statue of Warme William, the local mascot, seated on a park bench in the town of Poperinge (he is usually blue). He is a symbol of community connection and resilience. Other familiar features of the town include the town hall and the library, (Letterbeek). There are public art installations in the local area; a monument to the Paardenmarkt, the old horse market, is alluded to in the bottom right of the image. The rural life surrounding the town is depicted by the tractor and foliage at the top of the image, and the Vleterbeek is a waterway, with trails along streams and grassy landscapes.

We worked with design company MAP Digital to create unique stimulus materials for each location. The images are supplementary tools in our Guided Conversations to help explore people’s experiences, needs and desires for healthy ageing. The response from participants will help shape the final toolkit (including visual designs) which is due for completion in March 2022.

 

Cross-border cooperation in action: early use of the HAIRE tool in the Netherlands

    

This month our research partner Kim Boes of Solidarity University describes the adaptation of the HAIRE tool in the Netherlands in the context of COVID-19.

The Social Work and Welfare Foundation Eastern Scheldt Region (SMWO) is a broad welfare institution in the Netherlands that provides services in the fields of social work, welfare and sports and exercise. Due to the COVID-19 crisis, SMWO social workers in Goes, a HAIRE pilot site, felt the urgent need to stay in contact with elderly and vulnerable people using our Guided Conversation technique. A vital component of the HAIRE toolkit, the Guided Conversation is a person-centred tool using a variety of different prompts and imagery that allows people to reflect on their own needs, desires, interests and aspirations, so it is ideally suited to getting to the heart of what matters to people at this extraordinary time.

Training in how to use the HAIRE toolkit is planned across the partnership for autumn, but the team decided to move this process forward and let social workers in Goes use the Guided Conversation tool for the contact moments they already had planned with elderly and vulnerable people. An English-language version of the Guided Conversation had been developed with the input of all partners, but it was vital to ensure it was adapted for the current Dutch context, so we worked in close collaboration with the social workers at SMWO, since they know their community best.

By the end of May, we decided to start testing the Guided Conversation. Three social workers from SMWO were going to interview three people each in June. In early July we planned a feedback session to discuss their experiences. We were very pleased with the results. We decided the social workers would continue using the Guided Conversation over the summer since they felt these conversations really support the work they are doing. The social workers felt the Guided Conversation tool helped them get to know the participants’ needs very well, and both interviewer and participant were enthusiastic about using it:

“It was very nice and interesting to do the interviews.” (Social worker)

“It’s amazing how open people are in those conversations. Lovely conversations arise!” (Social worker)

We discussed the social workers’ first experiences and reviewed where things needed to change in the Guided Conversation as well as what aspects should be covered in the autumn training sessions. One important thing to consider further is the dependency relationship between social workers and the participant, meaning that as they get to know each other more, there is a risk that they will worry personally about each other. There is a need to make sure all volunteers have appropriate support and have clear boundaries – this is something that social work organisations have built into their practice, and we will need to ensure the volunteers are protected throughout the HAIRE network as the study moves forward.

Other partners are hoping to start working with Guided Conversations as early as they can. Our Belgian partners in Poperinge and Laakdal expressed their wish to start using the Guided Conversation tool in their communities and asked us to share our experiences with them. We have been knowledge-sharing with them as well as with our lead partner, the University of Exeter. As a result, Poperinge and Laakdal are looking into using our test version, which will need mildly adjusting to the Belgian context. We decided to have another experience-sharing session once they have conducted some Guided Conversations. This is also important for us since their experience could again help us in developing our toolkit.

The conversation is always open between all the partners as we develop and refine HAIRE’s Guided Conversation. The more they are tested and used, the more we discover how to really make the tool work best for the participants. The head start to the programme means that the learning can be incorporated into the Train the Trainers programme planned for September, and the stories of how the Guided Conversation has worked so far will be invaluable for all HAIRE partners. They can feel comfortable going out into the field.

Kim Boes is a researcher at the Solidarity University. She is involved in setting up the pilot sites in The Netherlands and works on developing the HAIRE toolbox together with all partners. Kim is also a PhD researcher at the University of Antwerp, focusing her dissertation on the micro dynamics of social innovation in rural areas.